Les ponts

Les ponts

Le passage de la Vilaine se faisait en bac. Le plus ancien, le passage de l’Ile, entre Férel et Marzan, remonte avant l’époque romaine. Après la fondation de La Roche-Bernard au Xème siècle, les barons de La Roche-Bernard créent le passage de Guédas. La plupart du temps, la traversée de la Vilaine était une aventure dangereuse, notamment aux périodes de marée. Vent et courant compliquaient une traversée de 300 mètres qui relevait de l’exploit. Une de ses dérives a eu un effet bénéfique. Un jour le préfet du Morbihan, venu visiter le maire de La Roche-Bernard qui lui réclamait la construction d’un pont depuis 10 ans, emprunta le bac vers 22 heures souhaitant rentrer à Vannes. La violence du courant et la nuit firent que le préfet accosta sur l’autre rive à 4 heures du matin. A compter de ce jour, le projet de Pont fut classé « Urgent ».

1839-1911
UN PREMIER PONT PEU RECOMMANDABLE

Depuis le début du 19ème siècle, la nécessité d’un pont était évidente. Un projet avec pilier central avait même été étudié, mais abandonné du fait de l’épaisseur de la vase et d’un fond rocheux incertain. C’est alors qu’apparaît en France la technique du pont suspendu. Le département du Morbihan demande aussitôt à en bénéficier pour le projet de pont à La Roche-Bernard. En 1833, on demande au nouvel ingénieur des Ponts et Chaussées Mr Leblanc d’établir un projet. En 1834, un crédit spécial est voté et les travaux commencent en 1836. Il est inauguré par le préfet du Morbihan le 28 décembre 1839.

Caractéristiques:

  • Piliers constitués de 3 arcades de 9,50 m chacune
  • Socles de 10,80 m (Marzan) et de 11,70 m (Nivillac)
  • Longueur totale : 350 m
  • Longueur de la partie suspendue au dessus du fleuve : 193 m
  • Hauteur de 53 m à marée haute
  • Largeur de voie : 4,80 m plus 2 trottoirs de 0,60 m
  • Le tablier est suspendu à 2 câbles

L’euphorie fut de courte durée. Un vent violent malmenait les câbles de suspension. Il subira, à de nombreuses reprises des dégats importants.
En 1872, on se hâte de construire au dessus du tablier endommagé une passerelle provisoire qui va durer 40 ans. Cette passerelle d’une largeur de 3 m ne permettait pas à 2 véhicules de se croiser. Il fallait organiser le passage. On fixa, à chaque entrée, une cloche que les passagers devaient agiter avant de s’engager pour obtenir la priorité. Devant la multiplication des incidents, les Communes et le Conseil Général réclamèrent la construction d’un nouveau pont.

1911-1944
LE DESTIN TRAGIQUE DU PONT EN ARCHE

En 1906, on lança un avis de concours en vue de remplacer le pont existant. Le projet de pont en arche des Etablissements DAYDE à Paris fut retenu car il était le moins coûteux.
Le chantier avança moins vite que prévu, en raison de difficultés techniques et de tensions sociales sur le chantier. En septembre 1908, les travaux préliminaires (consolidation des bases et réutilisation des curées de l’ancien pont) étaient terminés. De septembre 1909 à septembre 1910, on monta, à partir de chaque rive, les centaines de pièces métalliques qui allaient constituer l’arche du Pont. En Avril 1911, la passerelle provisoire fut descendue sur le nouveau tablier.
Il semble que la circulation ne fut jamais interrompue pendant les travaux. Le pont est inauguré le 3 septembre 1991 devant une foule évaluée à 10 000 personnes.

Caractéristiques:

  • Piliers et socles de l’ancien pont
  • Longueur totale : 350 m
  • Longueur de la partie suspendue au dessus du fleuve : 192,60 m
  • Hauteur de 35 m à marée haute et de 41 m à marée basse
  • Largeur de voie : 5,10 m plus 2 trottoirs de 0,80 m et 1 m

Ce pont était d’un entretien coûteux en raison de l’oxydation des éléments métalliques provoquée par l’air salin. Pendant 20 ans, il écoula paisiblement le trafic routier et ferroviaire (ligne Saint-Nazaire-Vannes). Le 15 Août 1944, à 15 H, au cours d’un orage, miné par les allemands et frappé par la foudre, il se brisa et s’effondra dans la Vilaine.

1948-1960
UNE PASSERELLE PROVIDENTIELLE

On remet en service le bac de Guédas à la libération de la poche de Saint Nazaire en 1945. En avril 1946, le Conseil Général du Morbihan réclame la construction d’une passerelle flottante. La passerelle mise en place en 1948 provenait du matériel anglais ayant servi au débarquement à Arromanche. Elle est inaugurée le 18 Juillet 1948. Sa structure comportait 3 éléments : 2 passerelles d’accès en bois et une passerelle flottante constituée de 12 caissons, eux-même divisés en 8 compartiments étanches. Son tablier était en bois.

Caractéristiques:

  • Longueur totale : 300 m
  • Hauteur de 4,60 m
  • Largeur de voie : 1,70 m plus 2 trottoirs de 0,30 m

Sur chaque berge, 2 blocs de béton brut encadraient les entrées. Il en partait 2 câbles qui arrimaient la partie flottante. La circulation était strictement réglementée : interdiction des poids lourds supérieurs à 12 tonnes, puis à 18 tonnes (un pont à bascule, côté Marzan contrôlait la charge), feux tricolores côté La Roche-Bernard.

1960…
LE PONT SUSPENDU

Les travaux de reconstruction de ce pont débutent en 1957, d’après un projet établi par l’ingénieur des Ponts et Chaussées Robinson. On décide de bâtir un édifice suffisamment large pour accueillir un trafic grandissant. Les travaux sont terminés avec plusieurs semaines d’avance. Le 21 Mai 1960, le nouveau pont est soumis au test de résistance par 34 camions. Le pont est aussitôt ouvert à la circulation et c’est un car Drouin, transportant une noce, qui l’empruntera le premier. Il est inauguré officiellement le 11 Juillet par Monsieur Buron, Ministre des Transports et des Travaux publics.

Caractéristiques:

  • Système d’ancrage : 2 câbles porteurs arrimés dans le rocher
  • Longueur totale : 406,80 m
  • Hauteur de 54 m
  • Hauteur des pylônes : 84 m
  • Largeur de voie : 7 m plus 2 trottoirs de 1,50m

Victime du développement de la circulation, les 2 voies vont rapidement ne plus répondre aux impératifs du trafic routier et favoriser les célèbres bouchons de La Roche-Bernard.

1996…
LE PONT DU MORBIHAN

Le nouveau pont est construit à 600 m du pont suspendu. Les travaux débutent en Mars 1993 et vont durer 30 mois. Il s’intègre dans un projet plus vaste : la déviation de La Roche-Bernard en 2×2 voies avec mise aux normes autoroutière. L’ouvrage présente une architecture adaptée à son environnement naturel par sa transparence. Le pont est achevé en Mai 1995, mais il ne sera ouvert à la circulation que le 18 Juin 1996. Sur les flancs de l’arche, 2 passerelles permettent aux piétons de passer d’une rive à l’autre.

Caractéristiques:

  • 2 Ancrages dans la roche, 4 piles à terre et 6 pilettes sur l’arche
  • Longueur totale : 376 m
  • Largeur : 20 m
Les commentaires sont clos.